Ses origines :

Louis Delgrès est né le 2 août 1766 à Saint Pierre en Martinique, d’une mère martiniquaise (Élisabeth Morin dite Guiby) et d’un blanc créole, receveur du Roi et directeur des Domaines du Roi à Tobago. Il passera son enfance en partie à la Martinique et à Tobago.

Juridiquement il est né « libre de couleur ».

1789, Il a 13 ans quand la Révolution éclate en France et 18 ans lors de la 1ère abolition de l’esclavage par la Convention, le 16 pluviôse an II, soit le 4 février 1794. Toute sa vie sera nourrie de cet accent, de ce désir de liberté.

Education et carrière militaire :

Delgres n’aura de cesse de lutter pour cet idéal républicain, qu’il avait fait sien : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

  • 1783, à 17 ans, il s’engage dans l’armée et devient un fervent défenseur des valeurs de la République.
  • Le 8 septembre 1791, il se retire à la Dominique après la prise du pouvoir par les royalistes en Martinique.
  • En décembre 1792, il rejoint les rangs des républicains sous les ordres du Contre-Amiral Lacrosse. Il est promu lieutenant.  Il sert ensuite sous les ordres du Général Rochambeau avec le grade de capitaine.
  • En 1794, fait prisonnier par les anglais, il est déporté en Grande-Bretagne, mais très vite libéré. Il retourne avec son bataillon pour libérer Sainte Lucie des anglais.
  • En 1799 promu chef de bataillon, il repart pour la Guadeloupe, qui connait une période de troubles.
  • Le 27 juillet 1799, il est nommé commandant par intérim de l’arrondissement de Basse-Terre.
  • En 1802, il est nommé Colonel, chargé de protéger la Guadeloupe contre les incursions et convoitises des autres puissances coloniales.
  • 1802, le Général Antoine Richepance débarque en Guadeloupe avec ses troupes. Celui-ci est chargé de récupérer les armes de tous les militaires noirs et mulâtres dès son arrivée à la Guadeloupe.


Delgrès comprend que la Métropole les a trahis et que Richepance est là pour rétablir l’esclavage. Il quitte les rangs de l’armée française et constitue un groupe de résistance.

Sa lutte pour la liberté :

Le 06 mai 1802 au matin, Richepance arrive au large de la Guadeloupe avec une flotte forte de 14 navires et 3’500 hommes. Delgrès fait ouvrir le feu sur les troupes du général.

Louis Delgrès et Joseph Ignace rassemblent 200 hommes qui se joignent à eux pour défendre de leur liberté. Ils prennent quartiers au fort Saint-Charles, à Basse-Terre.

Le débarquement des troupes de Richepance donne lieu à de très violents combats à Basse-Terre et dans les environs.

Ceux qui font le choix de se rendre seront exécutés sur la place publique pour l’exemple.

– Le 6 mai, la décision est prise de tout entreprendre pour résister. 
– Le 10 mai, Louis Delgrès écrit la déclaration : « A l’univers entier … ».http://www.couleuremeraude.com/proclamation-de-louis-delgres/


La résistance s’organise, mais, Richepance et ses hommes gagnent du terrain.

Le 14 mai 1802, débute le siège du Fort Saint-Charles où Delgrès s’est retranché avec ses hommes. Après 10 jours de combats acharnés, Delgrès, Ignace et les autres officiers rebelles, à cours de munitions, quittent le fort avec le reste de leur troupe par la poterne du Gallion. Ignace se dirige avec ses troupes près de Pointe-à-Pitre. Delgrès prend la route du Matouba, avec 300 combattants.  

Le 28 mai 1802, cerné par les troupes de Richepance, Louis Delgrès se fait sauter avec 300 de ses compagnons. Au paravant, Delgrès a fait installer des barils de poudre autour d’eux et attendent l’arrivée des soldats français pour les faire exploser afin d’en emporter encore quelques-uns avec eux dans la mort.

Du côté de Baimbridge, Ignace et ses hommes sont tués par les troupes de Magloire Pelage.  

Le 16 juillet 1802, Richepance publie un arrêté rétablissant l’esclavage en Guadeloupe.

On peut y lire : « Jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté dans l’étendue de cette colonie et dépendances que par les blancs. Aucun autre individu ne pourra prendre ce titre ni exercer les fonctions qui y sont attachées ».

Il faudra attendre encore 46 ans pour que l’esclavage soit définitivement aboli soit le 27 avril 1848.

Hommages :

  • En 1948, lors du centenaire de l’Abolition de l’esclavage, une stèle commémorant le sacrifice de Louis Delgrès est érigée au Matouba.
  • En 2002, le sacrifice de Matouba a été commémoré par la création d’un timbre à l’effigie de Delgrès et par la mise en place d’une stèle au fort Saint-Charles à Basse-Terre qui porte dorénavant le nom de «fort Delgrès ».
  • Une plaque commémorative en son honneur a été placée dans la crypte du Panthéon à Paris avec l’inscription « Héros de la lutte contre le rétablissement de l’esclavage à la Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants au Matouba en 1802. Pour que vive la liberté ».
  • En 2008, la Région Guadeloupe  commande 34 bustes en bronze de Louis Delgrès sur les recommandations de l’historien guadeloupéen René Bélénus. 32 seront offerts gracieusement à chacune des communes de l’Archipel.
  • En 2005, la date du 10 mai est retenue pour commémorer la traite, l’esclavage et leurs abolitions.

Louis Delgrès est un symbole de la résistance à l’esclavage. Né libre, il meurt libre.

Richepance a-t-il rétabli l’esclavage en Guadeloupe ?

Il est de mémoire de guadeloupéen que le général Richepance est venu pour rétablir l’esclavage en Guadeloupe et que Louis Delgrès Ignace a lutté jusqu’à la mort contre ce rétablissement.

Aucun document, aucun ordre écrit n’a été retrouvé, donnant mission au général Antoine Richepance de rétablir l’esclavage en Guadeloupe. A-t-il agi de son propre chef, par initiative personnelle ? Toujours est-il que ce rétablissement n’est pas contesté par Napoléon Bonaparte.

Le rétablissement de l’esclavage sera officialisé par Bonaparte en mai 1803.

En mai 1802, Napoléon ayant rétabli la légalité de l’esclavage dans les colonies où l’abolition n’avait pas encore été appliquée en raison de résistances des planteurs, a-t-il laissé à Richepance  cette sale besogne en-dehors de tout cadre légal ?

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